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La posture du leader pour accompagner le changement

Pour accompagner le changement d'entreprise, le leader doit adopter une posture de communicant. Ceci est nécessaire pour la réussite de cette transformation.

Marc Prager4 min de lectureConduite du changement

Pour accompagner le changement d'entreprise, le leader doit adopter une posture de communicant. Ceci est nécessaire pour la réussite de cette transformation. En effet, lorsque l'entreprise est appelée à connaître des changements majeurs, la communication devient la priorité du leader. Son rôle est de porter la vision et de donner un sens au projet. Il doit adopter une pédagogie idéale pouvant lui permettre de faire comprendre aux collaborateurs de la société les raisons du changement et les bénéfices qui devraient en résulter. Pour y arriver, le leader doit s'approprier les meilleures techniques de communication. De plus, il doit se servir de ses compétences managériales afin de mieux conduire le changement.

Porter une vision plutôt que défendre une décision

Un leader qui se contente de justifier une décision déjà prise place ses équipes en position de spectateurs, voire d'opposants. Porter une vision, c'est expliquer où l'entreprise va et pourquoi, en s'appuyant si besoin sur l'un des modèles de conduite du changement éprouvés, de façon à ce que chaque collaborateur puisse situer sa propre contribution dans une trajectoire qui a du sens, plutôt que d'exécuter une consigne isolée.

Cette vision gagne à être répétée sous plusieurs formes — réunion, support écrit, échanges informels — plutôt que présentée une seule fois dans un document dense vite oublié. Un leader qui la reformule régulièrement, avec ses propres mots plutôt qu'en récitant une note préparée par la communication interne, la rend plus crédible et plus mémorable.

Écouter avant de convaincre

La tentation, face à des résistances, est de répéter le même argumentaire plus fort ou plus souvent. Un leader qui a développé son intelligence émotionnelle prend le temps inverse : comprendre ce qui inquiète réellement chaque collaborateur avant de chercher à le convaincre. Cette écoute change souvent la nature même du message à faire passer, et le rend plus juste.

Cette écoute active demande parfois d'entendre des critiques directes sur le projet lui-même, sans les balayer d'un revers de main. Un leader qui accueille la critique comme une information utile, plutôt que comme une attaque à repousser, obtient en retour des remontées de terrain bien plus honnêtes — et donc bien plus exploitables — que celui qui décourage implicitement toute objection.

Rester visible et cohérent dans la durée

Un leader qui porte le changement lors du lancement puis disparaît des radars envoie un signal contradictoire à ses équipes. La posture attendue suppose de rester présent, d'incarner le changement dans ses propres décisions au quotidien, et de pratiquer un storytelling cohérent sur la durée plutôt qu'un discours ponctuel réservé aux grandes annonces.

Cette cohérence se joue aussi dans les petits gestes : continuer à poser des questions sur l'avancement du changement en réunion d'équipe plusieurs mois après le lancement, féliciter publiquement ceux qui adoptent les nouvelles pratiques, ou simplement éviter de revenir soi-même, par confort, aux anciennes façons de faire que l'on demande aux autres d'abandonner.

Adapter son style de management sans le renier

Accompagner un changement ne signifie pas endosser un style de management radicalement différent du sien du jour au lendemain. Un leader plutôt directif peut rester directif sur les objectifs tout en devenant plus à l'écoute sur la méthode ; un leader plutôt participatif peut conserver ce mode de fonctionnement tout en étant plus ferme sur les échéances. La posture à adopter s'ajuste à la marge, elle ne se substitue pas à la personnalité du dirigeant.

Un leader qui tente de copier un style de management qui ne lui ressemble pas, sous prétexte que « c'est ce qu'il faut faire » en période de changement, sonne rapidement faux aux yeux de ses équipes. La cohérence entre la posture affichée et la personnalité réelle du dirigeant compte au moins autant que la posture elle-même.

Accepter d'être soi-même en phase d'apprentissage

Enfin, un leader crédible n'a pas besoin de prétendre avoir toutes les réponses. Reconnaître que le changement l'engage lui aussi dans un apprentissage — et le dire ouvertement — renforce paradoxalement la confiance des équipes, davantage qu'une posture d'autorité qui masquerait ses propres doutes. Cette authenticité s'apprend et se travaille, notamment via des réflexes de coaching au quotidien.

Un leader qui progresse ainsi à vue, en admettant ses ajustements successifs plutôt qu'en prétendant avoir tout planifié depuis le départ, donne implicitement la permission à ses équipes de faire de même — un climat bien plus propice à l'adoption réelle d'un changement qu'une exigence de perfection immédiate.

Cette posture ne s'improvise pas le jour de l'annonce : elle se construit en amont, se travaille dans la durée, et repose sur les mêmes leviers que ceux qui permettent plus largement de réussir à accompagner le changement à l'échelle de toute l'organisation.

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